Il y a quelques mois, un client m'envoie un mail paniqué : « Mon site a plongé de la 4e à la 18e position en trois semaines. Je n'ai rien touché. » On ouvre la Search Console. Rien de rouge côté technique. On regarde le profil de liens. Et là, le problème saute aux yeux : sur les 340 backlinks qu'il avait accumulés, 280 provenaient de la même régie d'articles sponsorisés, tous en dofollow.
Trois semaines de travail pour nettoyer tout ça, et une leçon que je répète à chaque audit : la différence entre un lien nofollow, dofollow et sponsored ne se joue pas dans la définition technique, elle se joue dans la confiance que vous transmettez à Google. Un attribut mal posé, et c'est votre profil de liens entier qui devient suspect.
Je vais vous expliquer comment ça marche vraiment, comment coder chaque attribut, et surtout pourquoi la plupart des sites se trompent dans leur choix.
Points clés à retenir
- Un lien dofollow n'a pas d'attribut
rel: il transmet l'autorité et peut servir de signal de classement. - Un lien nofollow (
rel="nofollow") signale à Google qu'il ne cautionne pas la page cible — pas de transmission d'autorité attendue. - Un lien sponsored (
rel="sponsored") déclare explicitement un lien payant, publicitaire ou affilié. - Depuis 2019, Google traite ces attributs comme des indices, pas comme des ordres absolus.
- Le choix de l'attribut dépend de la nature commerciale du lien, pas de votre envie de transmettre du jus.
- Une mauvaise discipline sur les attributs pèse plus lourd qu'un lien manquant.
La vraie différence entre nofollow, dofollow et sponsored
Oubliez la vision binaire qu'on lit partout. On parle de trois attributs, chacun avec un rôle précis, et un quatrième que personne ne cite jamais (mais je viens après).
Le principe de base : quand vous créez une balise <a href="...">, vous pouvez y ajouter un attribut rel qui décrit la relation entre votre page et la cible. En l'absence de cet attribut, le lien est dofollow par défaut. Ce n'est pas un choix actif, c'est l'état naturel du HTML.
Le dofollow : le lien « normal »
Un lien dofollow ressemble à ça :
<a href="https://exemple.fr/article">mon article</a>
Pas de rel. Google le suit, l'indexe, et peut le compter comme un signal positif pour la page cible. C'est le lien dit « de confiance » : vous engagez votre responsabilité éditoriale en le plaçant.
Dans mon propre blog, j'ai compté : sur un article de 1 800 mots, je place en moyenne 4 à 6 liens dofollow sortants vers des sources que j'ai lues et validées. Au-delà, je commence à me méfier de mon propre jugement.
Le nofollow : le lien que vous ne cautionnez pas
Le nofollow s'écrit ainsi :
<a href="https://exemple.fr" rel="nofollow">lien</a>
Historiquement, c'était un ordre : « ne transmets rien ». Depuis 2019, c'est devenu un indice. Google peut décider de le suivre quand même pour comprendre le contexte, mais il ne l'utilise pas comme signal de classement.
Vous l'utilisez quand vous voulez mentionner une source sans lui donner de poids SEO. Typiquement : un lien vers un concurrent dans une comparaison, un lien dans un commentaire non modéré, un lien vers un site dont vous n'êtes pas sûr.
Le sponsored : la déclaration commerciale obligatoire
Le sponsored s'écrit :
<a href="https://exemple.fr" rel="sponsored">lien</a>
Il a été introduit par Google en 2019 en même temps que ugc. Son rôle : déclarer clairement qu'un lien résulte d'un arrangement commercial — article sponsorisé, affiliation, partenariat rémunéré, publicité native.
Et là, il faut être direct : si vous monétisez un lien et que vous le laissez en dofollow, vous prenez un risque réel. Pas hypothétique. J'ai vu des sites perdre 40 % de leur trafic organique après une vague de désaveu liée à des liens sponsorisés non déclarés.
Tableau comparatif des attributs de liens
| Attribut | Syntaxe HTML | Transmet l'autorité ? | Cas d'usage typique |
|---|---|---|---|
| dofollow | <a href="..."> | Oui | Source éditoriale validée, lien interne |
| nofollow | rel="nofollow" | Non (indice) | Commentaire, source douteuse, concurrent cité |
| sponsored | rel="sponsored" | Non | Article payant, affiliation, partenariat rémunéré |
| ugc | rel="ugc" | Non | Contenu généré par les utilisateurs (forum, avis) |
Quels sont les 3 types de SEO ?
Question qu'on me pose systématiquement en formation, et la réponse aide à comprendre où se situent les attributs de liens dans l'ensemble.
Le SEO se découpe classiquement en trois familles :
- Le SEO technique — vitesse, indexation, structure du site, balisage. C'est la plomberie.
- Le SEO on-page — contenu, titres, maillage interne, intention de recherche.
- Le SEO off-page — netlinking, signaux externes, mentions de marque. C'est ici que nofollow, dofollow et sponsored entrent en jeu.
Une précision importante : ces trois piliers ne valent rien isolément. J'ai audité un site l'an dernier avec un profil de backlinks excellent (des dizaines de liens dofollow depuis des médias reconnus) mais une indexation catastrophique — 60 % des pages jamais crawlées. Résultat : le netlinking ne servait à rien. Le off-page amplifie le on-page et le technique. Il ne les remplace pas.
Et les 4 piliers du SEO, alors ?
La formulation à quatre piliers circule aussi. Elle ajoute généralement un volet expérience utilisateur ou autorité de marque aux trois précédents. Les découpages varient selon les sources, et honnêtement, la nomenclature importe moins que la réalité : un site utile, rapide, bien structuré, cité par d'autres sites crédibles, se classe. Un site qui coche trois cases sur quatre survit. Un site qui n'en coche aucune ne se classe pas, quel que soit le vocabulaire employé.
Ce qui compte pour notre sujet : les attributs de liens appartiennent au pilier off-page, celui de la confiance externe. Et c'est précisément là que les erreurs coûtent le plus cher.
Pourquoi faire du netlinking ?
Parce qu'un lien entrant reste l'un des rares signaux qu'un site ne peut pas fabriquer seul. Vous pouvez réécrire vos balises title cent fois, gonfler votre contenu à 5 000 mots, optimiser votre vitesse — tout ça dépend de vous. Un backlink, non. Il faut qu'un tiers décide de vous citer.
C'est cette validation externe qui donne sa valeur au netlinking. Et c'est aussi ce qui rend l'attribut crucial : chaque lien entrant est un vote, et Google veut savoir si ce vote est spontané ou acheté.
Ce qu'un lien transmet réellement
Deux choses, en pratique :
- De l'autorité — le « jus » qu'on évoque souvent, qui circule de page en page.
- Du contexte — le texte d'ancre et le sujet de la page source, qui aident Google à comprendre de quoi parle votre page.
Le premier est conditionné par l'attribut. Le second, beaucoup moins. Un lien nofollow ou sponsored transmet toujours du contexte : Google lit l'ancre, comprend que votre page est citée à côté de tel sujet. Ce n'est pas rien.
Une anecdote qui m'a marqué. J'avais un client dans le secteur de la formation professionnelle. On avait obtenu un lien sponsored depuis un grand média spécialisé, dans un dossier payant. Mon client râlait : « Un lien payant qui ne transmet rien, quel intérêt ? » Six mois plus tard, sa page était passée de la 12e à la 5e position sur sa requête principale. Coïncidence ? Peut-être. Mais le lien apportait du trafic direct qualifié, et Google lit aussi ces signaux d'usage. Le sponsored n'est pas un lien mort.
Cas pratiques : quel attribut choisir ?
C'est ici que les guides théoriques s'arrêtent et que les vrais problèmes commencent. Voici comment je tranche dans mon travail quotidien.
Un lien dans un communiqué de presse
Si le communiqué est diffusé via un service payant de distribution, le lien est commercial par nature. Attribut sponsored. Pas de débat. Le site qui le diffuse peut décider autrement, mais vous, si vous êtes l'émetteur, vous n'avez pas la main.
Un lien dans un guest post
Tout dépend de l'accord.
- Contribution éditoriale spontanée, aucune contrepartie : dofollow acceptable.
- Contrepartie financière, même déguisée (repas, cadeau, échange de services) : sponsored.
- Échange de liens réciproque sans argent : zone grise. Je mets
nofollowpar prudence sur mes propres liens sortants.
Un lien dans un commentaire de blog
Le commentaire relève du contenu généré par l'utilisateur. Attribut ugc, ou nofollow si votre CMS ne propose pas mieux.
D'ailleurs, si vous gérez un blog avec commentaires ouverts : vérifiez votre configuration. Sur deux sites que j'ai repris, tous les commentaires sortaient en dofollow par défaut. Deux ans de liens douteux accumulés sans que personne ne s'en aperçoive.
Un partenariat gratuit
Cas le plus flou. Une association vous mentionne, un confrère vous cite dans un article, un client satisfait publie un billet avec un lien vers votre site. Aucune contrepartie.
Techniquement, ce lien peut rester en dofollow. Mais si vous avez demandé le lien, la nature change. Pour moi, dès qu'il y a sollicitation, il y a soupçon de manipulation, et le nofollow devient raisonnable pour la personne qui le pose.
Les erreurs que je vois le plus souvent
Trois schémas reviennent dans presque tous les audits que je fais.
Erreur 1 : croire que sponsored tue le lien. Non. Le lien reste lu, son contexte est enregistré, son trafic compte. Ce qui tue le lien, c'est de le déclarer dofollow alors qu'il est payé.
Erreur 2 : tout passer en nofollow par excès de prudence. J'ai vu un blog passer ses 200 liens sortants en nofollow après avoir lu un article alarmiste. Effet réel : presque nul. Mais le blog a perdu sa réputation de source de référence, parce qu'un site qui ne cite personne en dofollow, ça se voit.
Erreur 3 : ignorer ugc. Beaucoup de CMS le supportent automatiquement pour les commentaires. Si le vôtre ne le fait pas, un petit filtre le règle en trente secondes.
Bon, et une dernière : le désaveu de liens pris à la légère. Désavouer un lien, c'est une déclaration forte. Je l'ai fait une fois pour un client — 80 domaines toxiques retirés. Résultat : aucune amélioration visible sur trois mois. Le désaveu n'est pas un remède miracle, c'est une précision chirurgicale réservée aux cas graves.
Ce qui change réellement votre référencement
La vérité, c'est que Google n'a jamais été dupe. Un lien payant en dofollow ne ressemble pas, au pull, à un lien éditorial spontané. Les empreintes sont différentes : le contexte, la densité, la temporalité, le profil global.
Votre choix d'attribut n'est donc pas une astuce pour « passer » ou « faire passer du jus ». C'est une déclaration d'honnêteté qui alimente un système de confiance global. Et un profil de liens honnête, même modeste, vaut mieux qu'un profil gonflé aux liens payants non déclarés.
Ce qui m'amène à la question que je trouve la plus intéressante, et à laquelle je n'ai pas de réponse définitive : si Google analyse tout par indices et patterns, à quoi servent encore les attributs ? Peut-être à nous rappeler que nous écrivons pour des humains, et qu'un lien doit toujours dire la vérité sur ce qu'il est.